Le sexe, tabou? Pas question!

Francine Pelletier a récemment écrit une chronique qui est loin d’être passée inaperçue : une agréable surprise pour les féministes critiques du genre, une source d’indignation pour la gauche qui défend sans réserve les revendications et prétentions des activistes LGBTQ-alouette. Une femme qui défend les positions que défend Pelletier, mais qui par ailleurs prend au sérieux les soucis de certaines féministes face à certaines revendications des personnes s’identifiant comme trans ou comme non binaires, on n’a guère vu ça par le passé.

Eh oui, établir comme obligation sociale, voire légale, d’admettre qu’un homme est une femme s’il s’identifie comme telle, ça cause certains problèmes, notamment pour les femmes. Je vais dire comme Richard Martineau : ça fait longtemps que je le dis ! Ça fait longtemps que beaucoup de gens le disent. Ça fait du bien de voir quelqu’un faisant partie d’une gauche généralement hostile à ces mises en garde, les prendre enfin au sérieux.

Estelle Grignon a offert dans Urbania une réponse au texte de Pelletier. Dans cette lettre à Francine Pelletier, on retrouve des raccourcis et des accusations qu’il ne faut pas laisser passer sans réagir.

Je commencerai cependant par dire que Grignon et moi sommes d’accord sur un point, celui établi dans le titre de sa lettre. En effet, les trans de sexe mâle méritent le même respect que les femmes, et j’ajoute, que tous les autres êtres humains.

Bon il est assez facile de s’entendre sur une affirmation aussi vague, et c’est probablement sur les implications de ce principe de respect que Grignon et moi ne partageons pas du tout la même vision. Il suffit de comparer nos choix de mots pour s’en douter (en effet, Grignon utilise l’expression «femmes trans» pour désigner ceux que je désigne plutôt par l’expression «trans de sexe mâle»).

Grignon accuse la féministe Meghan Murphy de se battre contre les droits des personnes trans. Cela est une accusation infondée ; pour vérifier par vous-même la position de Murphy, vous pouvez commencer par cette retranscription de l’exposé qu’elle a fait à la bibliothèque publique de Toronto le 29 octobre 2019, exposé que le lobby trans, dont Grignon nie l’existence, a cherché à empêcher d’avoir lieu – d’ailleurs, Grignon mentionne que Murphy a été congédiée de rabble.ca en raison de ses propos soi-disant transphobes, ce qui est un autre indice de l’existence du lobby trans.

Meghan Murphy ne milite pas contre les droits de qui que ce soit, elle milite pour que les droits et les intérêts sexo-spécifiques des femmes continuent d’être pris en compte. Être de sexe femelle a plusieurs implications, qui peuvent demander des mesures précises pour être traitée équitablement par rapport à ceux qui sont de sexe mâle, et aussi pour avoir une vie épanouie et décente. Affirmer cela n’est pas se battre contre les droits de qui que ce soit.

Cependant, Grignon dit vrai sur un autre point : Murphy refuse bel et bien de confirmer que les trans de sexe mâle sont des femmes.  Il est parfaitement légitime de refuser de confirmer que des humains de sexe mâle sont des femmes, à plus forte raison que ce sont des femmes comme toutes les autres. Même si on acceptait, comme certains le suggèrent, de reconnaître deux sens au mot femme, un sens biologique (humain de sexe femelle) et un sens social (humain de genre féminin), il n’en demeurerait pas moins qu’un mâle humain qui serait une femme au sens social (c’est-à-dire qui se conformerait au genre féminin) n’en serait pas une au sens biologique. Il est à noter que pour la suite du texte, j’utiliserai le mot femme uniquement au sens biologique (j’ai exposé dans d’autres écrits mes raisons de refuser d’utiliser ce mot dans un autre sens que biologique, notamment un sens fondé sur le genre).

Pelletier rapporte certaines préoccupations de féministes critiques du mouvement trans comme Meghan Murphy, Rhéa Jean, les membres actives de Pour les droits des femmes du Québec et bien d’autres : qu’on soit obligé de reconnaître comme une femme tout mâle humain qui déclare s’identifier comme telle, mène à la présence de mâles humains dans des espaces censés être réservés aux femmes tels que les prisons pour femmes, les centres d’hébergement pour femmes victimes de violence, ainsi que les compétions sportives pour femmes (Pelletier n’a pas mentionné deux autres espaces pour femmes souvent invoqués : les toilettes et les vestiaires pour femmes). Dans tous les cas, des problèmes sont déjà survenus et Pelletier mentionne des cas précis dans son billet.

Grignon ou d’autres personnes prétendront peut-être que les cas soulevés par Pelletier sont des exceptions : c’est un argument très prisé par ceux qui voient de la transphobie dans toute remise en question de l’idéologie du genre. Exceptionnels ou pas, le problème est le suivant : en faisant un tabou de la différence entre un trans de sexe mâle et une femme, c’est à des situations comme ça qu’on ouvre la porte. Il faut qu’on puisse mentionner que les trans de sexe mâle ne sont pas des femmes, pour pouvoir s’ajuster aux situations où les différences entre ces deux catégories d’êtres humains sont pertinentes.

Grignon écrit : «Les femmes transgenres et les femmes cisgenres[1] (celles qu’on a assigné « femme » dès la naissance) vivent, dans certains cas, des enjeux différents, c’est bien vrai. Explorer ces différences et voir comment les femmes cis peuvent aider les femmes trans et vice versa, ça aurait fait un texte vraiment pertinent […] Mais non. Pas pour Francine Pelletier. Au lieu de donner la parole aux personnes transgenres dans son texte, elle cite la « féministe canadienne » Meghan Murphy.» Et voilà! Le problème est là, dans la mentalité révélée par cet extrait : il faudrait que les féministes s’intéressent constamment aux trans de sexe mâle.

Il faudrait aussi donner systématiquement la parole aux trans de sexe mâle quand on parle de droits des femmes. Or les femmes ont des intérêts sexo-spécifiques qui ne concernent pas directement les trans de sexe mâle, aussi ces derniers n’ont pas à avoir systématiquement la parole quand c’est de ça qu’il s’agit.

Voilà qui répond à la question posée par Grignon dans sa lettre : «Où est ce lobby trans antiféministe? » Eh bien il est là, et Grignon semble en faire partie : il s’agit de ceux qui militent pour qu’on donne la parole à des personnes trans, mais qu’on la refuse à des femmes qui mettent de l’avant les soucis des femmes. On ne se limite pas à demander aux féministes de reconnaître que les trans de sexe mâle peuvent avoir des revendications légitimes, il faudrait qu’elles en fassent leurs propres revendications. Il faudrait qu’elles s’abstiennent de parler des intérêts des femmes sans les accompagner de la mention constante de ceux des personnes trans. Il faudrait qu’elles s’abstiennent complètement de parler des intérêts des femmes qui entrent en conflit avec le désir des trans de sexe mâle de se faire confirmer qu’ils sont des femmes, comme par exemple, l’intérêt d’avoir des compétitions sportives équitables, réservées aux femmes. Comment ne pas y voir un mouvement anti-féministe ?

Pour conclure, il est à noter qu’à deux reprises, dans son texte, Pelletier appuie explicitement l’obligation de faire en sorte que les personnes trans soient protégées dans leurs droits. Tout comme Meghan Murphy, Rhéa Jean, Diane Guilbault (la présidente de Pour les droits des femmes du Québec), non seulement Pelletier ne combat pas les droits des personnes trans, mais elle reconnaît explicitement leur importance. Si cela ne satisfait pas Grignon, ça semble être parce que la seule façon de lui procurer satisfaction serait d’accepter de faire semblant qu’un trans de sexe mâle est une femme, point barre, sans la moindre différence avec une femelle humaine. Or, reconnaître les droits d’un être humain n’a jamais impliqué de nier le réel quand ce dernier ne fait pas son bonheur.


[1] Les personnes que Grignon appelle femmes cisgenres, conformément à son cadre idéologique, je les appelle des femmes tout court : ce sont les femelles adultes de l’espèce humaine, celles dont on a constaté à leur naissance qu’elles étaient de sexe femelle – parce qu’en effet, c’est un constat et non une assignation – et qui acceptent aujourd’hui qu’elles sont des femmes. Cela ne veut pas forcément dire qu’elles se conforment au genre féminin, contrairement à ce que laisse entendre le mot « cisgenre ».

6 commentaires sur “Le sexe, tabou? Pas question!”

  1. Annie-Eve Collin est elle transphobe?

    Pour ceux qui ne le savent pas Annie-Eve refuse d’utilisé, quand elle s’adresse aux personnes trans, les pronoms et termes auxquels ces personnes identifient leur genre. Est ce la la preuve d’une transphobie chez elle?

    Annie-Eve affirme quelle ne souhaite pas pousser les personnes trans plus loin dans leur DÉLIRES en s’adressant a eux avec les termes qui vont de pair avec l’identité de genre auxquels ces gens s’identifient. Le transgenrisme, qui ne doit pas etre confondu avec la disphorie de genre, n’est pas un trouble mental. Alors a quel DÉLIRE Annie-Eve fait telle ici allusion? Un trouble mental se caractérise par un mal etre clinique que lon doit traité. Avant 1973 l’homosexualité était considéré comme étant une maladie mentale, Annie-Eve affirmerai telle ici que les personnes trans serait en fait des malades mentaux? Les homosexuels eux nont jamais souffert du fait quils sont attirés par des personnes du meme sexe. Ils ont souffert et souffre encore aujourd’hui par la faute de personnes qui ne reconnaissent ni n’acceptent leur condition, des homophobes quoi! La meme logique s’applique pour les personnes trans. S’ils souffrent cest plus que souvent a cause de gens qui ne les reconnaisses et qui ne les acceptes pas, des transphobes quoi! Que dirait on dune personne qui irait dire a une lesbienne que de vivre son homosexualité pleinement avec une autre femme nest pas une bonne chose pour elle? On dirait très probablement que cette personne n’accepte ni ne reconnait l’homosexualité de la lesbienne. On dirait de cette personne quelle est homophobe quoi! En n’utilisant volontairement pas une approche qui va avec le genre auquel les personnes trans sindentifient quand elle s’adresse a eux, Annie-Eve démontre qu’elle n’accepte pas et ne reconnait pas les personnes trans. Ce manque fondamental de respect envers un groupe de gens qui, rappelons le, nont pas choisie d’être trans, n’est rien de moin que de la transphobie. Qu’Annie-Eve en soit consciente ou non, quelle laccepte ou non ne change rien aux faits et ceux cis démontres clairement quelle est transphobe. Ne pas reconnaitre la condition des gens volontairement nest rien de moin qu’un manque fondamentale de respect chez une personne. Irai je dire a un vieillar en fauteuil roulant de monter les escaliers? Bien sur que non! Ce manque volontaire de considération pour la condition dun vieillar en fauteuil roulant demontrerai que jen est en fait rien a fouttre de lui et que je nai pour lui aucun RESPECT. Accomodez les personnes a mobilités réduites se nest pas les conforté dans un délire mais de reconnaitre et de respecter leurs conditions. Une personne qui se prétend philosophe comme Annie-Eve na pas l’excuse de l’ignorance car a moin detre tout simple bête elle est par definition une transphobe. Annie-Eve avance que les femmes trans ne sont pas des femmes et quelle na pas a accepter ce mensonge. Les femmes trans ne sont pas biologiquement des femmes et la dessus Annie-Eve a raison. Les femmes trans nont pas la biologie ni le parcourt des femmes en général cest un fait indéniable et il est important que cela soit clarifié et compris par tous. Neanmoin ce que vivent les personnes trans est indéniable aussi et il est donc fondamental de respecter la condition de ces gens. Ne pas vouloir reconnaitre la condition des trans disant que cest se faire rentrer de force un mensonge dans gorge est un malhonnêteté intellectuel flagrante car se que vivent les personnes trans est bien réel.

    Annie-Eve défend le droit des femmes au Québec et elle s’attaque avec raison au dossier qui met face a face les droits des femmes et ceux des femmes trans. Par contre je doute qu’une transphobe comme Annie Eve soit en mesure detre objective dans sa lutte vis a vis de ce dossier?

    A l’évidence Annie-Eve Collin tu es transphobe et donc ton objectivité sur tes biais est biaisé et nont donc aucune valeur intellectuelle. La meilleur chose serait que tu l’acceptes et que tu travail sur toi meme a lacceptation des personnes trans ou sinon quitte tout simplement le débat auquel tu nas plus aucune crédibilité.

    Vincent

    1. Vincent, j’aimerais que vous nous donniez une référence pour pouvoir confirmer les propos que vous imputez à mme Collin. Parce que pour ce qui est du présent texte, il est pour moi parfaitement clair qu’elle reconnait la réalité et la légitimité des revendications des personnes trans: Si on reconnait (à tort ou a raison) une différence entre deux réalités il me semble que de facto on reconnait leur existence, non ?

      1. Allez sur son fb elle ne sen cache pas, au contraire.

        Remarquer les differences physiques ce nest pas reconnaitre une personne dans ce quelle est. Je crois mavoir assez bien exprimé sur le sujet. Relisez moi au besoin

        1. J’ai approuvé votre commentaire malgré son évidente mauvaise foi et le fait que vous ne présentez absolument rien pour appuyer vos accusations. « Allez sur son FB elle ne s’en cache pas au contaire »: Ah bon? Eh bien…

          Et si je dis que je n’aime pas trop l’artichaut, je suis anti-végan?

          De toute façon, lancer des accusations est devenu une activité très prisée chez certains.

  2. Cette Madame Grignon ne doit pas aimer beaucoup les femmes pour vouloir à tout prix leur imposer des hommes qui pensent être femmes. Le monde est en train de devenir fou et il y en a qui sont rendus plus loin que d’autre. Un homme qui veut devenir une femmes devrait être autorisé à intégrer les lieux exclusifs des femmes seulement lorsque sa transformation sera complète autrement dit qu’il aura renoncé à tous ses attributs d’hommes. Il me semble que cela ne prends pas un doctorat pour comprendre cela. N’importe quel quidam comprends cela. Peut- être que Madame Grignon a de la difficulté avec son genre mais çe n’est pas le cas de tout le monde. Jusqu’à preuve du contraire un pénis est un attribut de gars et une vulve en est un pour une fille c’est quoi qui est compliqué à comprendre dans cela. Qu’une personne ne se sente pas bien dans son sexe c’est une chose et il faut pour son bien-être l’aider à faire sa transformation mais qu’un gars décide de se présenter en femme avec ses attributs dans un lieux réservé aux femmes pour leur sécurité c’est de la provocation, je dirais même une autre façon de dire on va vous avoir à l’usure on va prendre tous les privilèges que vous avez obtenu de haute lutte et on va s’en accaparer. Pensez- vous réellement qu’on est stupide à ce point- là qu’on vous voit pas venir.vous êtes vraiment décevante Madame.

  3. La fédération des femmes du Québec est présidée par une trans. Pour ma part, Il existe sur terre deux sexes pour tous les animaux mâles ou femelles, pour tous les humains, femmes ou hommes.

    On commencera pas à créer des sexes avec un homme qui a des seins et un pénis, une femme qui n’a plus de seins mais possède toujours une vulve. Si tu choisis de devenir une femme, d’être opérée pour devenir une femme bien tu es une femme. Il faut s’assumer dans la vie.

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