Ni viande, ni objet

Benoit

Ni viande ni objet : tel est le titre d’une campagne de sensibilisation aux violences sexuelles lancée en avril dernier par un comité du cégep de Sherbrooke. Le concept, repris par plusieurs cégeps, a de quoi faire sourciller. Ou hurler au lavage de cerveau.

Car bien que certains messages soient pertinents, j’en ai relevé plusieurs qui visent clairement à terroriser les jeunes en leur martelant l’idée que la violence sexuelle est partout et qu’elle risque de leur sauter dessus au premier coin de rue.

Ouvre les yeux. Les violences sexuelles sont partout. Interviens.

Où sont les comités d’éthique de nos cégeps lorsque vient le temps de stopper de pareilles entreprises de propagande féministe? Nos écoles seraient-elles devenues des courroies de transmission des dogmes les plus délirants?

Au café étudiant d’un cégep que je connais bien, une affiche grand format intitulée La culture du viol affirme ceci :

La culture du viol est une référence à la façon dont notre société est marquée par un environnement social, médiatique et virtuel dans lequel les violences sexuelles envers les femmes sont banalisées, voire encouragées.

Oser prétendre que notre société banalise et même encourage la culture du viol relève de la pure fabulation. Répandre cela dans un cégep sans que personne ne s’y objecte, c’est accepter que le militantisme le plus dogmatique s’installe dans l’esprit de nos jeunes avec la bénédiction des autorités scolaires.

Voici la suite du message de cette affiche portant la culture du viol :

C’est une culture qui conçoit les femmes comme des biens à consommer, qui tend à rendre acceptables les agressions sexuelles […].

Quoi? Vraiment? Notre culture conçoit les femmes comme des biens à consommer?

Une autre affiche intitulée L’objectivation s’appuie elle aussi sur la culture du viol, qui contribue à banaliser les violences et les agressions sexuelles.

Rien n’est plus faux : nous ne vivons pas dans une société qui banalise des choses aussi graves.

Enfin, une affiche intitulée Le harcèlement de rue propose une définition beaucoup trop large du harcèlement sexuel :

Regards appuyés, sifflements, propos suggestifs, proximité intrusive sont autant de manifestations de ce phénomène hostile et fondamentalement sexiste emblématique de la culture du viol omniprésente.

Voilà qui est insultant pour les femmes qui ont réellement été harcelées.

Quoi, une fille qui se fait siffler dans la rue = culture du viol? Pardon??

La campagne Ni viande ni objet verse clairement dans la basse démagogie. Le fait que certains médias aient salué cette initiative n’est garant d’aucune intégrité intellectuelle ni morale, et cela n’en fait pas un modèle à imiter pour autant.

Bien sûr, on doit reconnaître que l’hypersexualisation nuit à l’équilibre de certaiins jeunes, c’est une évidence ; mais des messages alarmistes et malhonnêtes comme ceux-là, diffusés dans des institutions scolaires, risquent de créer des confusions chez les jeunes quant aux rapports entre les hommes et les femmes, à un âge où ils ont besoin de lucidité, de réalisme, d’ouverture et non pas d’idéologies biaisées.

Par ailleurs, une telle enflure verbale discrédite les intervenants qui sont derrière cette campagne de sensibilisation. Car dans les faits, le Québec est tout le contraire d’une société violente : nous sommes loin de la réalité des campus américains et de leurs fraternities, où, parfois, sexe et alcool tournent au cauchemar pour certaines femmes.

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