Pour en finir avec la culture du viol

Avez-vous vu le film Mourir à tue-tête d’Anne Claire Poirier ? C’est à la limite du supportable. Jeune homme à l’époque, c’était la première fois que j’étais confronté à l’horreur du viol, un vrai. Je me demande encore comment la carrière de Germain Houde a pu prendre son envol après les scènes insoutenables de violence dans lesquelles il joue de façon convaincante ce salaud immonde de violeur.

Je n’ai jamais considéré les images de ce film comme étant sexuelles. Je n’y ai vu qu’une haine viscérale envers sa victime et un abus de pouvoir innommable. C’était profondément traumatisant. Pour moi, c’est ça le viol d’une femme : abuser du corps pour détruire ce qu’il y a plus de profond dans l’identité féminine.

Et que dire des petits garçons que l’on brise à jamais en déchirant leur chair et leur âme.

Ce sont des comportements abjects que toute société dite évoluée condamne et punit sévèrement. Jamais je n’ai vu de courant de sympathie envers les hommes (et dans une moindre mesure, les femmes) qui abusent sexuellement des autres. Les quelques rarissimes déclarations en ce sens, dont un juge récemment, furent rapidement fustigées par pratiquement toutes les couches de notre société.

À ce que je sache, il n’y a aucune, mais alors aucune acceptation sociale des agressions sexuelles. Pourtant, depuis quelques mois, il existe plusieurs groupes de femmes, dont les CALACS (Centre d’aide et de luttes contre les agressions à caractère sexuel), qui tentent de nous convaincre que la culture du viol est partout, et surtout systémique au Québec. On les comprend : plus ces organismes pourront faire croitre le nombre de victimes, plus ils engrangeront les millions de dollars de subvention. La commandite de pseudo-sondages qui font état de 36 % et même 47 % des étudiantes victimes de violence sexuelle ne sont qu’un exemple de leur stratégie pour faire croire que notre société est gangrénée par la culture du viol.

Pour atteindre les chiffres apocalyptiques d’une femme sur deux dans nos universités, les auteures de ces études ont mis de l’avant un nouveau terme : « violence sexuelle », et elles y ont inclus les « regards insistants » et les « blagues à caractère sexuel » pour y arriver. De plus, elles avouent candidement, très loin dans ledit rapport, que leurs chiffres ne peuvent s’appliquer à la population étudiante en général parce que non pondérés.

Le concept de culture du viol a été popularisé sur les campus universitaires américains, spécialement dans les fraternités où des femmes étaient agressées sexuellement en toute impunité et là où les viols collectifs pouvaient même être valorisés. Culture québécoise, vraiment?

Insulte aux victimes de viol?

Où est le rapport avec le viol? Par quelle distorsion intellectuelle sommes-nous passés du film d’Anne Claire Poirier à « siffler une fille »? Même la respectée et respectable journaliste de La Presse, Michèle Ouimet, qui a témoigné, elle aussi, de son agression, réfute les arguments des tenantes de la culture du viol. « Sauf que les mots ont un poids. À force d’être répétés, ils finissent par créer une réalité qui n’existe pas. Il est là, le danger », écrivait-elle dans sa deuxième chronique sur le sujet.

Que notre société procède à un examen de conscience face aux abus à caractère sexuel, je ne peux qu’applaudir malgré les quelques dérapages, mais cessez de crier à tue-tête que nous baignons dans une culture du viol. C’est aussi insultant pour les victimes que pour les centaines de milliers de bons gars qui ne sauraient tolérer que leurs filles, leurs femmes ou leurs amies se fassent violer sans éprouver le profond désir de casser la gueule à l’agresseur.

Le problème, ce n’est pas la culture du viol, mais la fragilité dont font preuve certains et certaines en réclamant de pouvoir se plaindre aux autorités pour une simple blague déplacée à leur endroit. Pourtant, une bonne mise au point aurait suffi. Et c’est ce que j’inculque à ma fille.

Image tirée du RAPPORT DE RECHERCHE DE L’ENQUÊTE ESSIMU  

Mélanger dans le même bol à salade, viol, attouchement, consentement non respecté, harcèlement, abus physiques et psychologiques, et regard insistant, est une profonde insulte et un manque de respect envers ceux et celles qui ont vu leur intégrité pulvérisée par une agression sexuelle… par un viol !

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