Parité, équité, tasse de thé

Louis-Jean Cormier a commis un «péché» : celui de s’opposer à la parité. S’y est-il vraiment opposé ? Pas tout à fait : il s’est opposé à faire passer le principe de parité avant le talent quand il est question de sélectionner des artistes. Il s’en est tout de même amplement confessé. Les réactions indignées sont venues d’un peu partout : d’abord, certaines féministes furent scandalisées par ses propos «contre la parité» ; après son mea culpa, ce fut au tour d’autres personnes – et pas forcément des antiféministes – de s’indigner qu’il se soit mis à genoux devant nos nouveaux Inquisiteurs (nos guerrières et guerriers autoproclamés de la justice sociale). Et si on essayait de nuancer un peu ?

Cormier a raison sur le principal : il ne faut pas sélectionner 50% d’homme et 50% de femmes pour une activité artistique sans tenir compte du talent, pour le principe d’avoir autant d’artistes des deux sexes. Cependant, une partie de ceux qui se sont indignés qu’on parle de parité simplifient la situation à outrance. En effet, ils semblent tenir pour acquis que les artistes qui arrivent à se faire connaître, n’y parviennent que grâce à leur talent. Comme dans n’importe quel domaine, la réalité n’est pas aussi simple : il y a des « plogues » dans le milieu artistique, tout comme il y en a dans le milieu des affaires, du droit, de l’enseignement, prenez n’importe quel milieu, vous pouvez supposer qu’avoir des contacts dans le milieu, avoir du charisme, avoir de l’argent, bien des facteurs peuvent jouer, en plus d’être compétent dans ce qu’on fait (et la compétence n’est pas toujours nécessairement ce qui passe avant tout).

Les artistes de sexe féminin, il faut les chercher et les encourager (il va sans dire que je n’insinue pas qu’il ne faut pas faire pareil avec ceux de sexe masculin). Imposer la parité comme principe sans tenir compte du talent, non. Faire un effort pour chercher les femmes talentueuses, oui. Montrer aux jeunes filles des modèles de femmes artistes, afin qu’elles se sentent interpelées, qu’elles puissent s’identifier au milieu de la musique, des arts visuels, ou d’autres activités artistiques, oui. Faire la promotion du talent des femmes qui en ont, oui. Est-ce qu’il existe encore une discrimination insidieuse envers les femmes dans le milieu artistique ? C’est possible. N’ayant que la parole de gens qui, souvent, affirment avec certitude que oui ou non, sans la moindre étude à l’appui, ni même faire partie du domaine artistique, je préfère soulever la question sans prétendre y répondre.

La parité dans tous les domaines n’est pas une fin en soi. Je ne crois pas qu’elle sera atteinte un jour, car il existe des différences entre les sexes qui ont pour effet que certaines activités tentent plus d’hommes que de femmes, et que d’autres tentent plus de femmes que d’hommes. Et il n’y a pas de raison de le déplorer : un féminisme réaliste et conséquent ne présenterait pas aux femmes le fait d’imiter les hommes comme la condition pour être leurs égales.

Mais pour conclure : les filles, vous êtes douées ? Montrez-nous ce que vous savez faire !

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